Créée par Chris Carter

2001 - Américain - Fantastique, Science-fiction, Policier

Avec : Gillian Anderson, Robert Patrick, Annabeth Gish, Mitch Pileggi, Nicholas Lea, William B. Davis...

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------ SPOILERS !! -------

Et voici la dernière saison - avant le retour surprise de 2016 - la neuvième, pleine de paradoxes. 

Après la belle continuité de la saison 8, dont l’intelligente construction maintenait un ton noir d’épisodes en épisodes, on sent que les scénaristes ne sont pas certains de la direction à prendre pour cette ultime année… Le problème majeur vient probablement de l’ellipse créée entre la saison 8 et 9. Dans cette ellipse, Mulder part, pour sauver sa vie et celle de ses proches. Un grand mystère plane donc tout au long de la saison : que devient Mulder pendant ce temps là ? Où est-il ? Est-il vivant ?

Ce mystère nous empêche de véritablement « accepter » les aventures qui continuent d’arriver sans le célèbre « Spooky » Mulder. Là où la saison 8 était entièrement dessinée en fonction du sort de Mulder, de ses réapparitions, la saison 9 continue sans lui, mais toujours dans l’attente de le retrouver.

Le FBI continue donc de vivre sans Mulder. Monica Reyes, John Doggett, Scully, Skinner, et l’assistant-directeur Follmer, nouveau « méchant » faux-jeton bras droit de Kersh, forment les nouvelles pièces de l’échiquier. Cet échiquier apporte un renouveau, certes difficile à accepter pour les fans des 7 premières saisons : plus de trace d’un duo de héros insubmersibles, mais une galerie de personnages qui évoluent jusqu’à la conclusion. Des personnages souvent dans le doute, comme les spectateurs.

On retrouve donc le problème majeur de la série, à savoir le passage abrupt d’épisodes importants pour la mythologie, à des épisodes unitaires, sans transition. Néanmoins, ces épisodes n’ont rien de honteux : les réalisateurs et les scénaristes ont atteint une grande maîtrise de leurs outils, et peuvent encore livrer des récits passionnants au sein d’X-Files.

« Nothing important happened today », partie 1 et 2, ne reprend donc pas là où la saison 8 nous avait laissée. Entre temps, un départ de Mulder a été organisé, un départ plein de mystère qui sous-tendra toute la saison jusqu’au final. Ces deux épisodes déploient un sentiment de fin qui approche et de mélancolie. La main est définitvement passée à Doggett et Reyes, et Scully se tient naturellement à l’écart pour protéger son enfant. Deux épisodes ébouriffants, un premier mystérieux (l’eau contaminée), le second plus nerveux. Dans ces épisodes, Kersh apparaît pour la première fois sous un jour nouveau, pas uniquement celui d’un méchant caricatural : il pourrait, comme Skinner dans le passé, être sous influence, manipulé, et cacher un peu d’humanité sous sa carapace. Nous retrouvons les Lone Gunmen là où leur spin-off les a laissé, ce qui est assez malin et généreux de la part des scénaristes pour les fans qui ont suivi ce spin-off.

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« Daemonicus » met en place le modèle de la saison 9 : Doggett et Reyes sont les nouveaux agents des affaires non classées, et Scully devient leur « consultante » et médecin légiste. Monica Reyes est la nouvelle Mulder, avec même certains dons de voyance, elle se base uniquement sur ses ressentis et ses visions. Avec Doggett, ils enquêtent autour de meurtres sataniques.

« 4-D » est un autre excellent épisode unitaire. On sent que le « drame » du départ définitif de Duchovny donne à cette saison une teinte sérieuse, sombre, et très mystérieuse qui lui sied parfaitement. Un très grand trouble se dégage de cet épisode, en plus d’une grande émotion liée à la relation Doggett-Reyes.

Avec « Lord of the flies », Carter tente le coup de l’épisode humoristique, plus léger en tout cas, avec le nouveau trio Doggett-Reyes-Scully. Certaines choses fonctionnent bien : un personnage de biologiste spécialiste des insectes qui drague Scully en expliquant la théorie des phéromones ; John Doggett qui s’amuse devant les vidéos d’adolescents réalisant des paris à la Jackass. L’épisode est dans un entre-deux (humour et intrigue), mais il se regarde bien tout de même, sûrement grâce à la présence de Kim Manners derrière la caméra. Si l’on n’atteint pas la saveur des épisodes écrits par Vince Gilligan dans la saison 6, entre fable et comédie noire, on ne touche pas le fond non-plus que sont des épisodes tels que « Fight club » ou « Rain King »...

« Trust no 1 » revient à la conspiration, et aux « super-soldiers ». Si le suspense fonctionne automatiquement, grâce aux attentes générées par le début de la saison, le scénario présente certaines lacunes, ainsi que la mise en scène. L’épisode commence par exemple par intro en voix-off larmoyante typique de la plume de Chris Carter, sur des images des saisons précédentes… Une scène centrale, dans la gare, présente un ralenti pas très esthétique, un peu cheap. Néanmoins, l’ambiance d’espionnage gouvernemental est très intéressante, très ancrée dans son époque. Une paranoïa qui sied bien à la suite des attentats du 11 septembre.

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Vient ensuite « John Doe », tiré d’un scénario de Vince Gilligan, pourtant assez faible. D’une part, l’épisode vient comme un cheveu sur la soupe après l’épisode mytharc précédent. D’autre part, la mise en scène (unique réalisation de la coproductrice Michelle MacLaren) est selon moi très mauvaise : tout en sépia et en surexposition, avec une très faible direction des seconds-rôles. L’idée de départ présente du potentiel : Doggett se réveille au Mexique complètement amnésique. Le but était probablement d’approfondir le personnage de Doggett. Malheureusement, rien de bien neuf, rien d’innovant, avec un récit parfaitement prévisible.

« Hellbound », l’épisode suivant, est une réussite, encore une fois grâce à deux ingrédients qui semblent fonctionner dans cette saison : Kim Manners à la réalisation, et un scénario très sombre entre thriller et fantastique. Le scénario tourne principalement autour du personnage de Monica Reyes. Là où Mulder basait ses enquêtes sur ses idées folles et ses théories, Reyes présente la même force de conviction mais à partir d’intuitions et de visions, quasi mystiques. La placer au centre d’une histoire de réincarnations est donc une idée parfaite. Encore un épisode plein de mystère, et chargé d’une atmosphère sombre qui sied parfaitement à la série.

« Provenance » et « Providence » relancent brillamment la conspiration, avec Carter et Spotnitz au scénario, et Kim Manners à la réalisation. En plus d’un grand suspense et d’une belle mise en scène, les deux épisodes présentent de vraies avancées à travers le brouillard. Il présente une utilisation très intelligente du trio des Lone Gunmen, ainsi que des tablettes de la saison 7 (« The sixth extinction »). De manière générale, depuis la saison 8, les épisodes « mytharc » ont comme grande qualité de recouper tous les éléments des saisons passées, qui étaient dispatchées comme des puzzles, et leur donne à postériori une grande cohérence. Carter recoupe tous ces éléments du passé autour du bébé de Scully : qu’est donc ce bébé ? alien ou sauveur de l’humanité ? Gillian Anderson est impressionnantes dans les scènes d’émotions, protégeant son enfant aux griffes des kidnappeurs.

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Même si le passage des deux épisodes précédents à « Audrey Pauley » est périlleux, voici un excellent épisode unitaire. Une fable, un croisement entre « Huis-Clos » de Sartre et X-files ! Un épisode fort, signé Steven Maeda qui avait signé le très beau « 4-D ». Et encore une fois, magnifique mise en scène de Kim Manners, avec cet hôpital flottant surréaliste...

« Underneath », écrit et réalisé par John Shiban, est un autre bon épisode policier/fantastique. En plus de présenter une intrigue intéressante, « à l’ancienne » (une histoire qui aurait également fonctionnée avec Mulder), le scénario fait évoluer notre appréhension de John Doggett encore une fois. Un beau portrait de ce flic coriace qui n’abandonne jamais une affaire, même quand elle ré-ouverte 13 ans plus tard, et qui ne peut accepter l’inexplicable et le surnaturel, même quand il y assiste de ses propres yeux. Belle ambiance tout du long, jusqu’aux scènes finales très prenantes.

« Improbable » est le second épisode humoristique de la saison. Ecrit et réalisé par Chris Carter, il fonctionne assez bien par moments sans être miraculeux. L’humour arrive à fonctionner même sans Mulder, avec Reyes, Scully et Doggett, plus la guest star Burt Reynolds.

« Scary monsters » est un épisode réalisé par Dwight Little, réalisateur d’épisodes de Millennium, et de films de série B tels que Halloween 4. Un solide scénario qui illustre magnifiquement la thématique d’X-files, la croyance : il suffit de croire pour voir… donc il suffit de ne plus croire pour ne plus voir ! Cet excellent épisode présente le retour du personnage de l’agent Leyla Harrison, la jolie blonde fan de Mulder et Scully, apparue dans la saison 8. Son personnage permet de faire des méta-épisodes, où elle juge Doggett et Reyes au regard des mythiques Mulder et Scully qu’elle connaissait par cœur (elle s’occupait de leurs frais de déplacements). Intelligent, effrayant, plein de surprises, et même drôle parfois, « Scary monsters » est probablement l’un des meilleurs épisodes unitaires de la saison. Un beau cadeau pour le dernier Monster-of-the-week d’X-Files.

Jump the Shark

« Jump the shark » apporte la conclusion au spin-off des Lone Gunmen, où l’on retrouve Morris Fletcher, personnage issu des épisodes comiques « Three of a kind » de la saison 6. Malheureusement, cet adieu aux Lone Gunmen prend place dans un épisode assez faible en terme de narration. Plutôt du niveau du spin-off en question, que de la série X-files… Un grand potentiel émotionnel malheureusement plutôt gâché.

« William » est un très bon épisode mytharc, coécrit par Duchovny et réalisé par lui, plein de mystère… mais encore une fois, très mal placé entre deux unitaires.

« Release », comme « Jump the shark » vient apporter une « conclusion » à la quête d’un personnage, celui de Doggett, mais dans une intrigue décevante… L’épisode présente donc de l’émotion et une bonne mise en scène (Kim Manners), ainsi qu’un Robert Patrick incroyable acteur comme toujours… mais l’on exigeait plus du scénario pour un épisode de cette importance. Et comme toujours, le passage de « William » à cet épisode est improbable en terme de continuité.

« Sunshine days » est le dernier épisode avant la grande conclusion finale. Cet honneur revient évidemment à Vince Gilligan, à l’écriture et à la réalisation. Si l’on est loin de la continuité de la saison 8, l’épisode permet d’apporter néanmoins une certaine conclusion « émotionnelle ». Scully, Reyes et Doggett apprennent tous une leçon grâce à cette fable.

Vient enfin la conclusion, « The Truth », un long-métrage d’1h20. Chris Carter au scénario, Kim Manners à la réalisation. Le créateur de la série se décide à conclure en beauté son œuvre. Il ose enfin mettre carte sur table et présenter tous les éléments dispatchés tout au long des saisons. Il sait qu’en tuant ces mystères, il « tue » sa série. Qu’il y met un point. La mise en scène est belle, et le scénario est bon : au-delà de la résolution des intrigues, il n’oublie pas d’évoquer l’évolution spirituelle des deux personnages principaux, l’un vers l’autre…

Note globale : 8/10

1. Nouvelle génération - 1re partie (Nothing Important Happened Today) * - 8/10
2. Nouvelle génération – 2e partie (Nothing Important Happened Today II) * - 8/10
3. Daemonicus (Daemonicus) – 8/10
4. 4-D (4-D) – 8/10
5. Le seigneur des mouches (Lord of the Flies) – 7/10
6. Ne faites confiance à personne (Trust No One) * - 7/10
7. Amnésie (John Doe) – 5/10
8. Écorchés (Hellbound) – 8/10
9. La prophétie - 1re partie (Provenance) * - 9/10
10. La prophétie - 2e partie (Providence) * - 9/10
11. Audrey Pauley (Audrey Pauley) – 9/10
12. Dans les abîmes (Underneath) – 8/10
13. Improbable (Improbable) – 6/10
14. Une vue de l'esprit (Scary Monsters) – 9/10
15. N'abandonnez jamais (Jump the Shark) – 7/10
16. William (William) * - 8/10
17. Clairvoyance (Release) – 7/10
18. Irréfutable (Sunshine Days) – 8/10
19. La Vérité est Ici - 1re Partie (The Truth) * - 8/10
20. La Vérité est Ici - 2e Partie (The Truth II) * - 8/10

* épisodes myth-arc