Réalisé par Robert Rodriguez

2010 - 2h10 - Film américain - Aventures, Chevalerie

Avec : Russell Crowe, Cate Blanchett, Max Von Sydow

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C'est la tendance des années 2000 des productions hollywoodiennes que d'assombrir ou de vouloir rendre plus complexe l'image des héros de notre enfance (Batman, Superman). Le projet du tandem Russel Crowe/Ridley Scott d'offrir un Robin des Bois plus crédible était fort louable, et donne somme toute un film de bonne facture, quoique imparfait.

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D'une part, la richesse du scénario nous montre que ce Robin des Bois n'est pas du bas de gamme pour adolescents décérébrés mais bien un divertissement de qualité. Si ce n'est quelques grosses ficelles utilisées pour la filiation morale du père de Robin (en gros, notre Robin apprend que feu son père défendait l'égalité entre chaque homme, et tient par conséquent un discours de leader face au Roi d'Angleterre cinq minutes plus tard), le film reste toutefois aussi agréable pour le cerveau que pour les mirettes. Car on en prend plein les mirettes, c'est évident. Sur ce point, Ridley Scott ne pouvait décevoir. La reconstitution moyenâgeuse est admirable, jamais costumes ou décors ne sonnent faux, et les effets spéciaux sont parfaitement maîtrisés pour servir l'action. La galerie de personnages est majoritairement bien servie par le casting. Du côté des "bons", les acteurs sont tous convaincants - Russel Crowe impose son physique au cliché du Robin fluet, Cate Blanchett offre une Marianne qui a de la poigne, et Max Von Sydow est remarquable en figure de la sagesse sous les traits d'un vieillard aveugle. Tous les futurs acolytes de Robin (le frère Tuck, Petit Jean, Will l'écarlate) sont tous aussi bien portraiturés.

Du côté des "méchants", c'est nettement moins glorieux, avec notamment un dénommé Oscar Isaac caricatural en prince Jean (on ne peut s'empêcher de comparer sa faible performance à celle de Joaquin Phoenix génial dans le rôle très similaire qu'il tenait dans Gladiator), et un Seigneur Godefroy trop transparent pour être détestable. L'autre sérieuse faiblesse du film est sa conclusion. Ridley Scott entretien un rythme en crescendo, ne laissant presque aucune respiration dans la dernière demi-heure, qui se conclue sur une scène de bataille assez expéditive et quelques séquences élusives en guise de conclusion : le Roi Jean s'avère être pourri, et Robin des Bois naît véritablement en partant pour de nouvelles aventures. Bien qu'on connaisse la suite, c'est-à-dire la légende telle qu'elle a toujours été diffusée, on a le sentiment de rester sur notre faim et le film se termine sur ce déséquilibre. Bien entendu, c'est peut-être le début d'une nouvelle saga cinématographique. Souhaitons alors que les suites hypothétiques soient aussi bonnes, voire meilleures, que cet agréable spectacle.

N. Lincy, le 06/01/2011